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Lyon : les particules tuent  jusqu'à 400 personnes par an

   

le 23.10.2009 04h00

   

      

       

              

   

              

         

           

            Christian George et Barbara D'Anna, devant le Spectromètre de masse à aérosols, encore unique en France / photo Pierre Augros             

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Christian George et Barbara D'Anna, devant le Spectromètre de masse à aérosols, encore unique en France / photo Pierre Augros

                       

       

       

                  

             

    

Entre 195 et 403 morts par an. C'est le nombre de victimes que fait, au bas mot, la pollution à particules dans l'agglomération lyonnaise. Autant de décès invisibles, causés sur le long terme par des agents qui ne le sont pas moins : ces particules en suspension dans l'atmosphère, issues de l'activité humaine (gaz d'échappement, cheminées d'usine), ou de phénomènes naturels (tempête de sable, éruptions volcaniques, feux de forêts...). Ces chiffres sont tirés de l'enquête menée entre 1999 et 2004 à Lyon et huit autres villes françaises par l'Institut de veille sanitaire, dans le cadre du programme européen Apheis.

Selon cette étude, une réduction de 20 microgrammes de particules par mètre cube permettrait d'éviter tous ces décès, dus à des problèmes respiratoires ou cardio-vasculaires. Mais pour l'heure, les normes européennes, respectées et par conséquent frisées en permanence à Lyon comme à Bordeaux, Paris ou Marseille, autorisent une pollution de 40 microgrammes par mètre cube. Mais iI y a plus inquiétant : cette étude ne s'intéresse qu'aux particules de taille inférieure à 10 PM (pour Particulate Matter), valeur actuellement utilisée pour la mesure des pics de pollution, autrement dit, celles d'un diamètre inférieur à 10 micromètres. Et non aux particules fines (PM2,5), très fines (PM1,0) ou ultrafines, appelées « nanoparticules », d'un diamètre inférieur à 100 nanomètres. Dommage, car si « une grosse particule s'arrête dans le nez, les nanoparticules arrivent jusqu'au cœur et aux poumons » déplore Christian George, directeur de recherche à l'Institut de recherche sur la catalyse et l'environnement, à l'université Lyon-1. « Les petites particules sont très mal mesurées » résume ce spécialiste de la pollution à particules. Pire : selon lui, sur ce point, « on est quasi aveugle ». Les autorités, conscientes du problème, devraient baisser l'an prochain le seuil de mesures à PM 2,5. Ce qui ne résoudra pas tout : « La vraie question est : est-ce que la taille nous donne la bonne information : quid de la forme et des interactions entre particules ?» relève Barbara D'Anna, chercheuse au sein de son équipe. Leur laboratoire, équipé d'un Spectromètre de masse à aérosols encore unique en France, prouve chaque jour que non (lire ci-contre). Alors, certes, Christian George rappelle que « la qualité de l'air s'est fortement améliorée en Europe depuis les années 50… ». Mais, en ce qui concerne son secteur particulier, il ne peut que constater l'existence d'un « frein financier ».

Olivier Saison

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