Plants transgéniques

   

Un sabotage lourd de conséquences économiques et scientifiques

       

         

           

            Les 70 porte-greffes transgéniques (porteurs de greffons du cépage pinot meunier) ont été coupés le 7 septembre 2009, quatre ans jour pour jour après le lancement du programme du centre colmarien de l’Institut national de la recherche agronomique. Photo Dominique Gutekunst             

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Les 70 porte-greffes transgéniques (porteurs de greffons du cépage pinot meunier) ont été coupés le 7 septembre 2009, quatre ans jour pour jour après le lancement du programme du centre colmarien de l’Institut national de la recherche agronomique. Photo Dominique Gutekunst

                                      

       

Au-delà du préjudice estimé à plus de 500 000 euros, se pose la question de la poursuite, à Colmar, du programme de recherche dédié aux mécanismes immunologiques de la vigne.

   

           

   

 

 

Après le saccage, hier matin, de porte-greffes transgéniques ( L’Alsace d’hier), les manifestations de soutien se multiplient à l’endroit de Jean Masson, président de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) à Colmar, site de recherche dédié depuis 2001 à la vigne. Jean Masson a d’ores et déjà estimé le préjudice à plus de 500 000 €, correspondant à l’aménagement d’un laboratoire à ciel ouvert, soit 5,5 ares comprenant notamment 70 plants de vignes OGM, cernés d’une zone de confinement pour écarter d’éventuels risques de contamination.

L’exemple colmarien

Au-delà de l’aspect purement matériel et économique, l’équipe de chercheurs de l’Inra (6 à 7 personnes impliquées dans le fonctionnement du laboratoire en plein champ) et le comité local de suivi (l’interprofession viticole, Alsace Nature, la Confédération paysanne, la Ville de Colmar et des riverains) s’interrogent, avec Jean Masson, sur l’avenir de ces essais lancés en septembre 2005. « Je ne sais pas si l’on va pouvoir repartir plus fort sur cette même trajectoire . Encore un an et nous aurions pu commencer à récolter les premiers fruits de notre travail », soit une mission dédiée aux mécanismes immunologiques de la vigne lorsqu’elle fait l’objet d’attaques de virus. Colmar abritait jusqu’à hier matin le seul site d’expérimentation OGM français de plein champ visant à surveiller le comportement de greffons et de porte-greffes transgéniques enracinés dans des sols infectés et non infectés par le nématode, un ver transmetteur de la maladie du court-noué.

D’autres programmes découlaient de cette étude des mécanismes de défense de la vigne. « Nous avions construit un programme de recherche avec l’université de Lyon, portant sur l’impact environnemental des portes-greffes transgéniques sur la microflore du sol ». Le troisième volet du programme intéressait plus particulièrement les viticulteurs en agriculture biologique : des méthodes naturelles étaient en cours d’élaboration « pour éliminer du sol la maladie du court-noué », comme la jachère par exemple. « Cela impliquait des collaborations avec l’Inra de Bordeaux et d’Antibes » et des viticulteurs alsaciens volontaires, « exemple unique » dans l’Hexagone.

L’intérêt de l’expérimentation alsacienne comportait également un volet politique très fort puisque « l’exemple » colmarien devait servir de « modèle de relation avec la société civile pour traiter de l’innovation scientifique ». Le comité de suivi a ainsi joué jusqu’à présent un rôle de co-auteur de projets de recherche, en partenariat avec des chercheurs ouverts à ses interrogations et ses demandes. Un cas unique d’interaction et de collaboration sereine et constructive sur la question ultra sensible des OGM.

Ceci dit, « le site expérimental est encore là », fait remarquer Jean Masson qui recevra, ce jeudi la visite (et le soutien) de Guy Riba, directeur général délégué de l’Inra.

Jean Daniel Kientz

 

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